1er Février 2009, 174eme anniversaire de libération de l’esclavage fut aussi la libération d’André Fanny de toute responsabilité mondaine. Nous sommes réunis dans l’église de St Malo autour du Père Fanchette pour rendre un hommage solennel a André qui nous quitte pour son dernier voyage, après une longue maladie.
Pendant cette réunion ou ses amis expriment leur respect, mes souvenirs des années 60 reviennent au galop. 1968 était une date douloureuse lorsque les Musulmans et les Créoles, pris d’une folie, s’entretuaient. André et moi sillonnions à Vespa la Plaine Verte et Roche Bois pour participer aux comites de quartier afin d’amener les belligérants a la raison.
Voila la vision qui animait André. Mauricien a 100%, plein d’amour comme un Gandhi, dédie une partie de sa vie pour une mission de paix et d’harmonie sur sa terre natale. Paracerque André a connu trop de souffrances. Issu d’une famille de nombreux d’enfants, il a dû mettre un terme a ses études a 11 ans.
Mais il ne baisse pas les bras ; il est celui qui trace son propre chemin. Il affiche une détermination et un courage qui doivent lui valoir le respect et l’admiration de tous. André est la preuve que cette communauté Créole est capable de retrouver sa dignité, de refuser les humiliations, de s’abandonner à la fatalité et à l’irresponsabilité, de lutter contre la misère et d’accéder à de plus hauts destins. La FCM trouvera en André l’exemple a suivre.
J’ai un regret quand même : André qui était préparé pour une mission d’amour du prochain, est finalement tombé victime de la haine. N’était-ce l’intervention de Reshad Hoseny du Ministère des Co-operatives, le lump sum d’André serait reste gelé beaucoup plus longtemps que ces 15 dernières années.
Plus de quarante ans nous séparent de cette douloureuse déchirure. Quarante ans, c’est le temps d’une génération déjà mûre, celui de ses fils, sa fille et des premiers petits-enfants. En cet instant si pénible, je leur dis simplement : soyez fiers d’André, comme je le suis.
Nous n’accepterons pas le retour de la haine ethnique et de la barbarie sur le sol Mauricien car nous savons ce que cette bestialité nous a fait subir.
André, ton souvenir ne nous quittera pas.